1.c – Action Démocratique Québec : Le parti qui n’aime pas les régions

La première chose qui m’a frappé en me rendant sur le site Web de l’ADQ, c’est que le Parti ne doit pas aimer les régions. J’étais au chalet ce week-end pour débuter mon analyse de tâches sur les partis, devant un bon feu de foyer et branché à Internet … par modem, en basse vitesse. Si on considère que la haute vitesse est moins disponible en région qu’en milieu urbain, j’en déduis que l’ADQ est soit un parti radicalement urbain ou un parti qui n’aime vraiment pas les régions; le slogan de l’ADQ devait être, sans la haute vitesse point de salut.

Une vidéo qui démarre sur la page d’accueil sans le demander, ça ne se fait pas (l’ADQ le fait); un pdf qui se cache sous un bouton sans avertissement, ça ne se fait pas (l’ADQ le fait). Si vous faites les deux en même temps avec un modem 56k… il y a peu de chance que vous donner votre vote au parti. Avis aux concepteurs Web de l’ADQ: Au travail! Un boulot urgent vous attend.

Il y aura beaucoup d’autres choses à ajouter au sujet de ce site lors de prochains billets, contentons-nous comme pour les autres de l’analyse des tâches (programme, don, candidats)… pour l’instant.

PLQLe programme : celui-ci est facilement accessible de la page d’accueil (dès qu’on se fait à la navigation particulière du site) sous le bouton Notre plateforme. Mais, horreur, c’est un document pdf de 27 pages qui s’ouvre sans qu’il n’ait été annoncé (1294 Ko). Aucune version HTML n’est disponible. Inadmissible!

Faire un don au parti en ligne, oui c’est possible avec l’ADQ. Personnellement, j’ai eu un peu de mal à localiser le bouton Contribuez pourtant si visible; ma femme qui s’est prêtée au même exercice l’a vu quant à elle instantanément. Il faut ici encore s’habituer avec le graphisme et la navigation plus ou moins ergonomique du site. Le processus de paiement semble bien documenter et bien découper dans ses étapes. Le nom de l’institution financière qui assure la transaction sécurisée gagnerait probablement à être ajouté.

ADQLa recherche du candidat de ma circonscription s’est effectuée avec grand succès. La page est très simple et fait très bien le travail qu’il doit faire. De tous les partis, c’est probablement là que j’ai eu la réponse la plus rapide, dès ma première visite.

Conclusion : Le site de l’ADQ permet donc de réaliser les tâches qui devient être exécutées, mais son design, son architecture augmente le niveau de difficulté. En fait, une image d’amateurisme se dégage du site, un image qui ne convient pas à un parti ayant d’aussi grandes ambitions électorales.


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1.b – Le Parti Québécois : Un tourbillon de changements

Le Parti Québécois est de tous les partis celui qui semble avoir l’équipe Web la plus efficace. Videos, nouvelles, communiqués, blogues (enfin ce qu’ils appellent blogue), fils RSS, etc. C’est probablement le site le plus dense et le mieux organisé. L’équipe a chaque jour fait des modifications, plein de modifications. Le site vit, il s’adapte, il évolue. Probablement trop. On fini par en perde son … dictionnaire. On annonce la Plateforme qui devient le lendemain la Feuille de route, qui était rangée dans la section La vision, mais qui vient de retrouver son autonomie dans sa propre section. Les changements sont si fréquents qu’on en vient à se demander si le site tente de suivre l’évolution de la campagne ou l’évolution des idées des leaders du parti.

Que nous dit l’analyse des tâches (programme, don, candidats): dans l’ensemble le site est cohérent et efficace.

PLQLe programme est facilement accessible . Dans la mesure où on comprend que celui-ci s’appelle feuille de route, et qu’il a été annoncé durant quelques jours comme plateforme, et que le programme du parti offert en téléchargement dans La Vision, c’est autre chose. Les concepteurs ont de toutes façons tellement bien positionné l’accès à la Feuille de route / Plateforme que le Parti pourrait encore le rebaptiser encore quelque fois que cela ne devrait pas trop porter à confusion. L’avantage d’une bonne maquette.

Pour ce qui est de faire un don au parti en ligne, encore cette fin de semaine, on nous proposait Postes Canada comme seul moyen de le faire. Même pas de mention Bientôt. Mon tableau d’analyse contient encore cette information. L’équipe du Parti Québécois n’a pas chômé ce week-end. Aujourd’hui, il est possible de faire son don en ligne. Les informations sont claires, de la page d’accueil au paiement. Les étapes du processus de paiement semblent aussi bien identifiées ( non, je ne me rends pas jusqu’au paiement, je n’ai pas prévu de budget de donation 😉 ). C’est le seul Parti qui indique clairement avec qui la transaction de paiement sécurisé sera effectuée (Desjardins) en début de processus.

PQLa recherche du candidat de ma circonscription m’a aussi jeté par terre. Samedi (24 février), le site du Parti Québécois proposait une solution de navigation entre candidats aussi lamentable que celle du Parti Libéral, avec le même classement par défaut sur le prénom du candidat. Copie conforme, à la différence près que la recherche par code postal était disponible… sur une autre page. Dans mes notes mon commentaire préliminaire était sévère. Il y avait là une erreur ergonomique impardonnable. Dès dimanche, le problème était réglé; on aurait dit que l’équipe avait vu mes notes. Aujourd’hui, le site pousse encore plus loin la précision de la recherche de candidats en ajoutant d’autres fonctionnalités.

Ma conclusion: toutes les tâches ont pu être exécutées. L’équipe du site a pu corriger rapidement les lacunes fonctionnelles. Je ne sais si André Boisclair est un bon chef de parti, mais assurément l’équipe Web du Parti, elle, est bonne, voire excellente. J’aimerais bien les connaître.


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1.a – Le Parti Libéral du Québec : Des pancartes plutôt que le Web

De tous les partis politiques, la Parti Libéral semble celui qui a la culture numérique la moins bien développée. Je reviendrai dans les autres billets pour étoffer mon propos, contentons-nous pour l’instant à la simple analyse de tâches.

PLQLe programme est facilement accessible à partir du menu de gauche. Menu classique et clair. Toute personne retrouvera facilement le programme. Au moment de ma visite d’analyse (ce week-end), un autre lien conduisant à un Pdf du programme apparaissait sur la zone centrale du site. Même si cet ajout rend plus accessible le programme, le fait d’avoir 2 entrées différents à des présentations différentes d’un même document, n’est pas l’idéal. C’est porteur de confusion. Ce doublon est aujourd’hui disparu.

Étrangement, ce Pdf n’est pas accessible dans la section « Notre programme », là où normalement il devrait apparaître. Il est plutôt caché dans la section « documents à télécharger ».

Passons à la tâche suivante : le don. Rapide et simple comme tâche : le don en ligne est impossible. Non seulement il est impossible de faire un don en ligne, mais il n’est jamais mention de don sur le site du Parti Libéral, ni même par téléphone ou par la poste. Rien. Les finances du Parti Libéral du Québec doivent très très bien se porter pour qu’ils oublient d’en faire mention.

PLQ
Dernière tâche : qui est mon candidat ? On peut accéder directement à l’ensemble des candidats via le menu de gauche à une section où sont classés tous les candidats. Par défaut, ils sont en ordre alphabétique de … prénom (??) et oui de prénom (tant pis si votre candidat s’appelle Yvon). On peut aussi changer le classement pour les trier par nom de famille ou par circonscription. Par contre, il n’y a aucune recherche qui permettrait d’éviter le défilement des pages (125 candidats / 9 par page = 14 pages), si je ne connais pas ma circonscription. Dans ce cas, trouver mon candidat est non seulement impossible mais en plus je risque d’y perdre beaucoup de temps. On comprend pourquoi le Parti Libéral a été si rapide à poser ses pancartes dans la rue; ce n’est pas avec le Web que la population pouvait trouver son candidat.

Sur les trois tâches simples de base, le Parti Libéral du Québec en échoue lamentablement deux.


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1. Outils de campagne : Des partis et des tâches

Lorsqu’on fait le tour des sites Web des partis politiques engagés dans la campagne électorale, on doit constater une évolution fondamentale sur les campagnes précédentes. Le Web sera un outil plus actif comme il ne l’a jamais été dans les campagnes précédentes. C’est du moins l’impression que nous laissent les sites des différents partis. Certes, on est encore loin des grands sites de campagnes américains (ex. : Obama’08, un au hasard), mais l’époque du prospectus publicitaire online semble révolu; chacun des partis compte dorénavant le Web parmi ses outils de campagne… chacun à sa manière.

Blogues, mise à jour fréquente, calendrier d’activités, vidéos. Durant les derniers jours, j’ai longuement arpenté les sites des 5 partis politiques: Parti Libéral, Parti Québécois, Action Démocratique, Québec Solidaire, Parti Vert. On sent que ça bouge (ou que ça veut bouger). En quelques jours, j’ai pu voir les contenus changer tout autant (dans certains cas) que les structures; Certaines incohérences fonctionnelles vues un jour étaient corrigées (voire même améliorées) dès le lendemain. Ce qui n’aurait pas été le cas les autres années; les sites Web étant conçus alors comme des structures plus immuables que le béton, une fois mis en place.

Au cours de prochains jours, je présenterai quelques billets qui feront l’analyse de ces sites. Bien que les sites Web politiques au Québec aient agréablement évolué, ils ne sont pas sans reproche. Les partis présentent des sites radicalement différents les uns des autres : aucun des partis ne part avec la même base militante, la même possibilité financière, la même structure organisationnelle, la même culture numérique, etc. Cette différence de clientèle et de moyen se ressent beaucoup.

Avant d’aborder la question des fonctionnalités et orientations des différents sites, je débuterai par un exercice à la fois simple mais essentiel: comparer chacun des sites dans la réalisation de tâches très simples. Je me suis inspiré pour cela des “test usagers” pratiqués en utilisabilité. J’ai donc identifié quelques tâches simples à réaliser que j’ai exécuté sur chacun des sites.

Les trois tâches simples sont :

  1. Prendre connaissance du programme (ou plate-forme)
  2. Faire un don en ligne au parti
  3. Découvrir qui est le candidat de ma circonscription (en ne connaissant pas le nom de ma circonscription)

Pourquoi m’imposer ce carcan : pour avoir une vue identique de chacun des sites afin de mieux les analyser et pour voir si les stratèges Web ont bien fait leur classe, sur les jeux de base. Précision : les tâches auraient pu être différentes.

Je publierai l’analyse des tâches au cours des prochaines heures (en fonction de ma disponibilité), en séparant les différents partis. Pour les impatients, je donne accès au tableau qui résume les résultats.

PLQ
Pdf – 21k


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QuebecTube 2007

Pendant que EspaceCanoë essaie de créer un buzz publicitaire autour des élections, c’est sur Youtube que ça se passe. Les élections y font déjà rages depuis quelques jours…

Radoter en santé:



http://www.youtube.com/watch?v=6q6HQBSIj1Y

Le meilleur, vraiment?:



http://www.youtube.com/watch?v=Gz7Md1Xafk4

Andrédré notre ami


http://www.youtube.com/watch?v=a1EU9Q-kwKo

Jean Charest interrompu par 300 etudiants:


http://www.youtube.com/watch?v=j7WPvrj6gQs

Vous pouvez bien sûr en trouver des dizaines d’autres (et bientôt bien plus) :
sur Boisclair, sur Charest , sur les Élections 2007.

Pot-de-vin équitable

L’État accélère l’envoi des chèques parce que le gouvernement qui le gère veut être réélu (fin mars, le 26). C’est aussi simple que ça. Alors ai-je besoin de le dire ? Ok, je le dis : c’est clairement une tentative, disons-le poliment, de flatter une grande partie de l’électorat dans le sens du poil.

Le paiement de l’équité salariale était une dette d’honneur. C’est devenu un pot-de-vin. Bravo.

Patrick Lagacé, Le Québézuela

Mojiti : Annoter vos vidéos

Je viens de lire chez Clément ce billet : Redécouvrez YouTube avec Mojiti!. Très intéressante application.

Imaginons:

  • prendre une vidéo et en faire un « sous-titrage pédagogique »;
  • demander aux élèves de traduire des dialogues (dans des vidéos historiques, par exemple);
  • faire très simplement des tutoriels pour des logiciels;
  • proposer aux élèves des analyses de spots publicitaires;
  • analyser/nuancer des discours politiques pendant les campagnes électorales;
  • et quoi encore?

Et c’est simple comme tout. Accessible à tous. Wow!

Voilà un outil qui pourrait permettre à l’occident de découvrir une partie de la culture visuelle asiatique, et inversemment.

Pour illustrer le propos de Clément, la vidéo présentée samedi dernier qui a fait le tour d’Internet : The Machine is Us/ing Usannotée en espagnol.


http://mojiti.com/kan/2024/3470

Vous préférez le voir annoté en italien ? Ou voir une dizaine d’autres versions annotées ?

Mojiti ne permet pas d’annoter que les videos Youtube : Mojiti allows users to collect videos across the best video sharing websites – like Youtube, MySpace, Google Video, Metacafe, Veoh, iFilm, and many others. Actuellement, 21 sites de partage vidéos.

Le blogue des professionnels

Article intéressant de Jérome Plantevin dans la dernière édition du journal Les Affaires: Les blogues, une affaire de professionnels. Malheureusement, il n’est pas accessible sur le site LesAffaires.com; impossible donc de pointer vers lui. Probablement qu’il ne paraîtra que sur le blogue de Jérome; vaudra mieux pour vous l’attendre là.

L’article montre l’arrivée de blogues d’information (ou regroupement de blogues) viables commercialement; certain blogue profitant d’une puissance d’achalandage suffisante pour prendre leur place dans le marché publicitaire.

Deux réflexions en marge de ma lecture de cet arcticle.

a) Une citation:

Le monde des blogues se professionnalise: il devient de plus en plus l’affaire de spécialistes et non plus d’amateurs.

Je ne suis pas certain de l’interprétation que Jérome Plantevin voulait donner à cette phrase. Le phénomène s’appuie à la fois sur le renversement radical opéré par le Web (depuis le tout début) dans le processus d’édition, et l’accélération de cette nouvelle réalité grace au développement des nouvelles générations d’outils d’édition Web. Éditer un imprimé (livre, magazine, journal, etc.) est un processus lourd, long, couteux et complexe. L’espace entre le lecteur et l’écrivant est peuplé d’intermédiaires indispensables (éditeur, imprimeur, correcteur, libraire, bibliothécaires, comptables, etc.); l’écrivant doit obligatoirement s’adresser à un marché… avant de s’adresser à un lecteur.

Le Web a réduit les intermédiaires entre l’écrivant et son lecteur. Qu’il soit diariste, ou journaliste, expert ou commentateur, le Web rend possible la rencontre directe avec le lecteur (soit-il unique ou nombreux) avec un minimum d’intermédaires (constemmant réduit avec la simplification des outils de publication Web). Aujourd’hui par le Web, l’édition peut se faire avec un minimum d’intermédaires et un minimum d’effort d’apprentissage. Le marché vient après; le marché n’est pas (ou n’est plus) l’objectif du processus d’édition (je peux publier pour moi, ma famille et mes amis, si je le veux).

Dans ce que Jérome Plantevin appelle professionnalisation, j’y vois l’émergence de la notion de marché chez les blogues (marché de lecteurs, lecteurs-cibles, marché publicitaire, etc.).

Dire que les blogues se professionnalisent, tel que Jérome Plantevin l’écrit peut laisser suggérer qu’une nouvelle génération de blogueurs professionnels vient remplacer les blogueurs actuels (j’avoue que je ne sais pas si c’est l’idée de Jérome ou juste une interprétation qu’on peut en tirer). Depuis plus de 10 ans, des professionnels et experts de toutes spécialités utilisent pleinement le Web pour livrer recherche, réflexion, analyse, que des rédacteurs talentueux alimentent leurs lecteurs. C’est plus les conditions de marché qui évoluent.

b) Autre citation :

La professionnalisation de la blogosphère touche aussi les médias traditionnels qui, pour la plupart, ont lancé des sections de blogues sur leur site Web

Nos médias se sont mis aux blogues, ils y ont mis des professionnels… mais est-ce pour faire du journalisme ? J’ai souvent plus l’impression que les journalistes professionnels font aujourd’hui plus d’humeurs, d’anecdotes, d’éditoriaux, de commentaires. Comme si justement le blogue n’était que l’à-côté de leur job, l’information. Si on exclut Radio-Canada et quelques exceptions, les blogues de nos médias se confondent souvent aux chroniques. Intéressantes peut-être, fait de gens talentueux, des vedettes même de surcroît. Mais ceux-ci restent à la frontière de l’information. Non pas que ce soit mal de faire de la chronique ou de l’humeur, mais les blogues ne semblent pas avoir acquis sa place dans la chaîne de production de l’information.

Comme si les blogues faisaient plus partie de la stratégie marketing des médias en ligne que de leur stratégie d’information.