Second Life, premier pas

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Second Life reste pour moi encore un grand mystère. Toute cette attention, toute cette frénésie m’apparaît souvent comme une grosse bulle. Je ne désespère pas de comprendre. Je me suis même créé un avatar cette semaine, c’est tout dire. Je ne vous révèle pas son nom. D’ailleurs, j’y suis à peine resté 5 minutes (bon 15, euh non 30, ok ok 45 minutes).

Même si ma visite ne m’a convaincu de rien, j’ai continué de faire mes classes. Je suis tombé sur un petit reportage de la télé française sur Dailymotion qui fait un bon tour de la question. Ce reportage m’a plus appris que ma courte immersion.

J’ai complété avec une autre émission de la télé française dédiée aux mondes virtuels (dont, bien sûr, Second Life): 8-Fi / Mondes Virtuels 8 janvier 2007.

Je ne me suis pas encore fait d’opinion. Bulle ou émergence?

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6 Comments
  • Stéphane Bayle
    3 février 2007

    Bulle ou émergence ? Après quelques semaines d’analyse et de pratique, mon point de vue est que SL est à la fois une bulle et l’émergence d’une nouvelle forme de web 3D social. Je m’explique.
    Il est incontestable qu’il y a un véritable phénomène de buzz autour de SL, il suffit par exemple qu’une entreprise s’y installe pour que cela génère des retombées médiatiques disproportionnées par rapport à la dimension réelle du projet. Ce qui est vrai pour une entreprise l’est tout autant pour des partis politiques comme en témoigne l’incroyable agitation liée à l’apparition du Front National ou d’un Comité Désirs d’Avenir de Ségolène Royal, agitation qui va largement au delà des frontières de l’hexagone. Avec SL on en est exactement au même point qu’avec le web dans les années 1994-96 au moment où chaque entreprise qui ouvrait une malheureuse page html cela déclenchait une vague de commentaires.
    Mais attention ce buzz ne doit masquer des nouveaux usages liés aux univers virtuels 3D, sociaux et enrichis au web 2.0. Les usages que l’on voit poindre sont multiples, parmi ceux-ci :

    1/ Le marketing, après tout même si la population fréquentant est peu nombreuse, celle-ci est en très forte croissance, 35% par mois, cette progression remarquable ne peut qu’attirer les entreprises qui peuvent rester à l’écart d’une telle communauté, composée essentiellement de personnes à forts revenus, agées d’une trentaine d’années, très socialisées dans la vie réelle et clairement identifiées comme étant des adopteurs précoces.

    2/ Le social networking est un autre usage passionnant de SL, vous pouvez très facilement rencontrer et engager des conversations avec des personnes intéressantes.

    3/ Le renforcement de la cohésion des équipes au sein d’une entreprise ou d’un projet est aussi un usage identifié. IBM utilise désormais SL pour faciliter l’intégration des nouvelles recrues avant même leur entrée en fonction afin qu’il rencontre virtuellement avec des collaborateurs de l’entreprise provenant du monde entier, 3000 IBMers sont déjà avatarisés dont le CEO. IBM mise aussi sur SL pour recruter.

    4/ Un processus d’innovation peut également s’en trouver améliorer en impliquant les clients dans les phases de conception d’un produit, PhilipsDesign, la filiale innovation de Philips, va prochainement explorer cette voie. Starwood teste en ce moment dans SL un nouveau concept d’hôtel qui doit être lancé dans la vie réelle en 2008, grâce aux retours des visiteurs, le concept initial est en cours d’adaptation.

    Il faut donc bien dissocier le buzz de SL des usages innovants de la réalité virtuelle à la web 2.0, SL peut disparaître, mais les usages resteront.

  • Stéphane Bayle
    3 février 2007

    Bulle ou émergence ? Après quelques semaines d’analyse et de pratique, mon point de vue est que SL est à la fois une bulle et l’émergence d’une nouvelle forme de web 3D social. Je m’explique.
    Il est incontestable qu’il y a un véritable phénomène de buzz autour de SL, il suffit par exemple qu’une entreprise s’y installe pour que cela génère des retombées médiatiques disproportionnées par rapport à la dimension réelle du projet. Ce qui est vrai pour une entreprise l’est tout autant pour des partis politiques comme en témoigne l’incroyable agitation liée à l’apparition du Front National ou d’un Comité Désirs d’Avenir de Ségolène Royal, agitation qui va largement au delà des frontières de l’hexagone. Avec SL on en est exactement au même point qu’avec le web dans les années 1994-96 au moment où chaque entreprise qui ouvrait une malheureuse page html cela déclenchait une vague de commentaires.
    Mais attention ce buzz ne doit masquer des nouveaux usages liés aux univers virtuels 3D, sociaux et enrichis au web 2.0. Les usages que l’on voit poindre sont multiples, parmi ceux-ci :

    1/ Le marketing, après tout même si la population fréquentant est peu nombreuse, celle-ci est en très forte croissance, 35% par mois, cette progression remarquable ne peut qu’attirer les entreprises qui peuvent rester à l’écart d’une telle communauté, composée essentiellement de personnes à forts revenus, agées d’une trentaine d’années, très socialisées dans la vie réelle et clairement identifiées comme étant des adopteurs précoces.

    2/ Le social networking est un autre usage passionnant de SL, vous pouvez très facilement rencontrer et engager des conversations avec des personnes intéressantes.

    3/ Le renforcement de la cohésion des équipes au sein d’une entreprise ou d’un projet est aussi un usage identifié. IBM utilise désormais SL pour faciliter l’intégration des nouvelles recrues avant même leur entrée en fonction afin qu’il rencontre virtuellement avec des collaborateurs de l’entreprise provenant du monde entier, 3000 IBMers sont déjà avatarisés dont le CEO. IBM mise aussi sur SL pour recruter.

    4/ Un processus d’innovation peut également s’en trouver améliorer en impliquant les clients dans les phases de conception d’un produit, PhilipsDesign, la filiale innovation de Philips, va prochainement explorer cette voie. Starwood teste en ce moment dans SL un nouveau concept d’hôtel qui doit être lancé dans la vie réelle en 2008, grâce aux retours des visiteurs, le concept initial est en cours d’adaptation.

    Il faut donc bien dissocier le buzz de SL des usages innovants de la réalité virtuelle à la web 2.0, SL peut disparaître, mais les usages resteront.

  • Daneel Ariantho
    4 février 2007

    “D’ailleurs, j’y suis à peine resté 5 minutes (bon 15, euh non 30, ok ok 45 minutes).” “ma courte immersion”

    Trop courte immersion …
    Si je souscris totalement à chacunes des phrases du commentaire de Stéphane Bayle.
    Je crois qu’il est aussi important de noter qu’il faut environ un mois et des dizaines d’heures dans Second Life (moyenne personnelle tirée de différents avis) pour passer le cap de l’apprentissage de l’interface client, de la gestion de l’avatar, du “network”, des ressources, de la “géographie” du Grid.
    C’est ainsi que 90% des résidents inscrits ne reviennent pas ou peu (voir stats du site secondlife.com). Car il ne faut pas se leurrer : l’immersion est chronophage et il faut trouver son propre intérêt à Second Life pour y faire son “trou” comme dans la vie.

  • Daneel Ariantho
    4 février 2007

    “D’ailleurs, j’y suis à peine resté 5 minutes (bon 15, euh non 30, ok ok 45 minutes).” “ma courte immersion”

    Trop courte immersion …
    Si je souscris totalement à chacunes des phrases du commentaire de Stéphane Bayle.
    Je crois qu’il est aussi important de noter qu’il faut environ un mois et des dizaines d’heures dans Second Life (moyenne personnelle tirée de différents avis) pour passer le cap de l’apprentissage de l’interface client, de la gestion de l’avatar, du “network”, des ressources, de la “géographie” du Grid.
    C’est ainsi que 90% des résidents inscrits ne reviennent pas ou peu (voir stats du site secondlife.com). Car il ne faut pas se leurrer : l’immersion est chronophage et il faut trouver son propre intérêt à Second Life pour y faire son “trou” comme dans la vie.

  • Yves Williams
    14 février 2007

    Ces systèmes sont non seulement très séduisants mais présentent un potentiel remarquable pour créer toute forme de socialité artificielle. On peut facilement imaginer de multiples usages (conférences, formations, réseautages, événements, etc.). Mais l’effort d’apprentissage est tellement élevé pour tout nouvel usager que cela réduit considérablement les possibilités de voir se généraliser leur utilisation.

    Tant et aussi longtemps que Second Life (ou toute autre expérience du même type) n’aura pas facilité son apprentissage, cela restera une expérience réservée aux “power users” (ou aux usagers les plus patients).

  • Yves Williams
    14 février 2007

    Ces systèmes sont non seulement très séduisants mais présentent un potentiel remarquable pour créer toute forme de socialité artificielle. On peut facilement imaginer de multiples usages (conférences, formations, réseautages, événements, etc.). Mais l’effort d’apprentissage est tellement élevé pour tout nouvel usager que cela réduit considérablement les possibilités de voir se généraliser leur utilisation.

    Tant et aussi longtemps que Second Life (ou toute autre expérience du même type) n’aura pas facilité son apprentissage, cela restera une expérience réservée aux “power users” (ou aux usagers les plus patients).