Un plan de développement numérique pour le Québec: que fait-on maintenant ?

Le CRTC a amorcé, la semaine dernière, ses audiences sur la question de la radiodiffusion dans les nouveaux médias. Il n’y aura pas de surprise à entendre chacun des intervenants prônés réglementation, dérèglementation, tarification, contrôle, laisser-faire, résistance, etc. Toutes les options seront entendues. Toutes bien représentatives de multiples intérêts en jeu, des différents acteurs impliqués par cette évolution des médias.

Et la question est d’autant plus complexe qu’au fédéral comme à Québec, les gouvernements ne sont munis d’aucun cadre d’analyse pour bien comprendre et affronter les impacts de l’évolution d’Internet (et plus largement, du numérique) sur l’ensemble de notre société. On réagit plutôt à la pièce. Ce qui, à la longue, nous donnera une belle courtepointe numérique plus ou moins confortable, et assurément inefficace.

Alors que faudra-t-il pour que nos gouvernements provincial et fédéral prennent le temps d’une vrai réflexion et se dote d’un plan d’ensemble pour faire face à tous ses nouveaux enjeux que nous posent cette évolution du numérique. Ces changements, nos gouvernements veulent-ils la subir ou en tirer bénéfice? Moi comme citoyen, mon choix est plus du côté de l’action. Et vous ?

Alors ne croyez vous pas qu’on pourrait recommencer à talonner les gouvernements, et plus particulièrement celui du Québec pour qu’ils se dotent d’un plan de développement pour une culture et une économie numériques. Débat si bien amorcé à la fin de l’automne dernier.

La lettre

Fin octobre, tout juste avant le déclenchement des élections provinciales, Patricia Tessier, avec le soutien des participants au YulBizz, publiait une lettre au PM du Québec pour dénoncer l’absence d’actions politiques pour corriger l’affaiblissement du Québec dans la nouvelle économie numérique. Les symptômes sont pourtant inquiétants et rien ne montre que nos élites politiques, toutes allégeances confondues, perçoivent la situation. Encore moins ne prennent les moyens pour y faire face.

Elle concluait ainsi sa lettre.

Finalement, il est important que le gouvernement provincial supporte et guide les gouvernements municipaux en matière de politiques numériques. En effet, ces derniers sont des acteurs importants du développement de l’économie numérique locale.

En conclusion, sans actions claires du gouvernement, nous croyons que le Québec court le risque de maintenir son retard et d’être laissé pour compte dans l’économie de demain. Nous vous demandons de planifier, au plus tôt, un exercice de réflexions et un plan de mise en œuvre pour stimuler l’économie numérique au Québec afin que nous puissions, non seulement rattraper le retard, mais devenir une nation qui prendra sa place et se distinguera dans la nouvelle économie.

Plus de trois mois se sont écoulés depuis cet envoi, sans que le gouvernement de Monsieur Charest ne réponde ou n’y fasse écho. Ni le PM, ni aucun des autres élus du gouvernement; ni même de l’opposition. Pourtant blogues, journaux, radio ont largement repris la demande.

Il est loin le temps où le Québec avait un ministre délégué à l’Autoroute de l’information. Il est tout aussi loin le temps où il n’était pas rare de voir un ministre de la culture ou du développement économique débarquer dans une activité publique de l’industrie techno, ou participer à des rencontres privées pour prendre le pouls de ce qui se faisait sur le terrain. Comme si ce qui était considéré enjeu et défi à la fin des années ’90, était devenu tout-à-coup harmonie et évidence. L’avenir est-il si rose et le ciel si bleu?

Pourtant :

  • on n’a qu’à relire la lettre de Patricia Tessier, où quelques chiffres montrent que les défis sont plus devant nous que derrière nous;
  • on n’a qu’à questionner n’importe quel professeur du secondaire, pour comprendre comment Internet avec ses règles de sociabilité et sa densité d’information s’ajoute comme un puissant vecteur d’influence dont on n’a pas encore mesuré tous les impacts;
  • on n’a qu’à regarder comment tout les canaux de diffusion culturelle sont perturbés dans leur fondement (lire modèle d’affaires);
  • on n’a qu’à voir comment le clivage énorme entre un enfant qui est élevé avec un ordinateur dans les mains et l’autre qui n’y aura accès presque jamais via l’école;
  • on a qu’à regarder le décalage entre les compagnies qui n’en sont encore qu’à l’apprentissage du courriel et les autres qui gèrent électroniquement l’ensemble de leur distribution et leur approvisionnement.

On pourrait continuer à l’infini la liste des changements fondamentaux qui s’opèrent dans notre économie, dans nos valeurs, dans nos consommations culturelles. Dans nos façons d’être, de penser, de voir et de nous ’exprimer. Dans notre façon d’être liés aux autres et d’échanger avec eux. Des changements ayant un potentiel incroyable mais composés tout autant d’une somme inouïe de nouvelles fractures sociales, linguistiques et économiques apparaissant chaque jour, entre des individus, des groupes, des régions, des pays.

Est-ce que le gouvernement a pris le parti du laisser-faire ? Pourtant d’autres pays proposent de mobiliser énergies et investissement pour s’assurer que le numérique soit un stimulant économique et social pour leurs citoyens. Juste notre position de petit-marché-francophone-fragile devrait fournir tous les arguments nécessaires aux élus pour justifier de s’attaquer à la question urgemment.

Et maintenant, c’est quoi la suite ?

Car il faudra bien lui faire une suite à cette lettre. Depuis qu’elle est sortie, plusieurs initiatives ont vu le jour : blogue, wiki, liste de distribution. Beaucoup d’énergie, beaucoup d’énoncés de principe, beaucoup de billets dans les blogues. Beaucoup de personnes qui ont manifesté clairement leur position. Assez pour bien montrer qu’une partie importante de l’industrie numérique est prête à la mobilisation. Quelle est la seconde étape ? Vous ne savez pas, moi non plus. Alors que diriez-vous d’en discuter. Des intéressés ?

Personnellement, je crois que le moment est venu d’amorcer une démarche plus structurée. Visant des objectifs clairs. Les moyens et objectifs sont à discuter. Mais ce qu’il m’apparaît évident, c’est qu’en politique, il n’y a pas de génération spontanée d’intentions et de volonté. Si nous croyons à ce que nous proposons, nous ne devons pas juste en discuter dans nos blogues, nous plaindre de l’inertie gouvernementale ou tous les traiter de tristes « cons ». Nous devons amorcer une action plus constructive, plus formelle, plus structurée afin de rendre plus claire et plus forte notre voix.

Toujours selon moi, et je peux me tromper, notre premier objectif devrait être de sensibiliser les différentes instances du gouvernement du Québec, les partis politiques et les élus. Principalement les élus. Pour qu’un projet social prenne forme, corps et vie, il faut des « porteurs de ballon ». Si nous croyons en l’urgence d’un plan pour encourager le déploiement d’une économie numérique vigoureuse au Québec, si nous croyons en la nécessité d’une réflexion sur les différents impacts sociologiques, culturels, éducatifs de l’évolution technologique récente afin d’avoir une vision plus éclairée des enjeux et options qui s’offrent à nous; si nous croyons l’apparition de nouvelles fractures sociales si ces changements ne sont pas bien assumés alors c’est à nous, les acteurs de la première ligne de poser les premiers gestes pour que ceux qui nous représentent comprennent nos demandes et deviennent ces porteurs de ballons dont nous avons besoin.

Et notre conviction devra être profonde et le nombre de ces porteurs de ballon nombreux car un Plan numérique aussi beau et bon soit-il, ne servirait strictement à rien s’il n’est pas inscrit profondément dans le projet politique de nos partis politiques. Vous avez déjà vu des plans se retrouver sur les tablettes sitôt imprimées ? Moi, si. C’est même fréquent.

Alors qui embarque? J’ai eu l’occasion de m’entretenir par téléphone ou directement avec plusieurs personnes qui aimeraient travailler dans le même sens. Si nous étions quelques dizaines tous aussi motivés, ce serait un bon départ. Comment cette démarche prendra forme ? Je ne sais pas. Gardons le principe du 2.0 , l’idée devant le messager, la cause avant le porteur, partageons, collaborons… nous trouverons bien les moyens pour nous faire entendre. En attendant, manifestez-vous, on prendra les noms…

Bien sûr, si des regroupements de l’industrie voulaient participer à cette réflexion, officiellement ou officieusement, la porte est ouverte; votre apport serait même souhaitable. Tout comme si des initiatives similaires à celle-ci avait déjà vu le jour, sans que je le sache, je me ferai un plaisir de me joindre à vous.

38 thoughts on “Un plan de développement numérique pour le Québec: que fait-on maintenant ?

  1. Je comprends tout à fait la démarche des entrepreneurs du Web pour faire en sorte que le Québec se dote d’un plan de développement du numérique, mais je distinguerais le transport des données de la fabrication de celles-ci. Là où le gouvernement peut intervenir de façon efficace, c’est dans la partie transport. La priorité devrait être le déploiement rapide du très haut débit et le soutien à l’utilisation des nouvelles technologies dans les établissements scolaires.

    Obama rappelait justement hier que grâce au soutien de l’État le déploiement du réseau de chemins de fer américain au 19e siècle avait permis un formidable développement économique.

    Maintenant, en ce qui concerne la fabrication des contenus, je me méfie comme de la peste de toute forme d’intervention gouvernementale. Bien sur, j’accepterais volontiers des programmes de subventions pour soutenir les créateurs, surtout si ceux-ci sont administrés en dehors de toute partisanerie politique, mais pour le reste cela devrait relever des initiatives privées à but lucratif ou non lucratif. Surtout, surtout, que le CRTC continue dans la voie qu’il a choisi de suivre jusqu’à présent : s’abstenir.

  2. Je comprends tout à fait la démarche des entrepreneurs du Web pour faire en sorte que le Québec se dote d’un plan de développement du numérique, mais je distinguerais le transport des données de la fabrication de celles-ci. Là où le gouvernement peut intervenir de façon efficace, c’est dans la partie transport. La priorité devrait être le déploiement rapide du très haut débit et le soutien à l’utilisation des nouvelles technologies dans les établissements scolaires.

    Obama rappelait justement hier que grâce au soutien de l’État le déploiement du réseau de chemins de fer américain au 19e siècle avait permis un formidable développement économique.

    Maintenant, en ce qui concerne la fabrication des contenus, je me méfie comme de la peste de toute forme d’intervention gouvernementale. Bien sur, j’accepterais volontiers des programmes de subventions pour soutenir les créateurs, surtout si ceux-ci sont administrés en dehors de toute partisanerie politique, mais pour le reste cela devrait relever des initiatives privées à but lucratif ou non lucratif. Surtout, surtout, que le CRTC continue dans la voie qu’il a choisi de suivre jusqu’à présent : s’abstenir.

  3. Le bureau de comté de mon député m’a appellé, comme il a du le faire pour toutes les entreprises locales, et m’a demandé les enjeux importants selon moi. Je lui ai parlé d’économique numérique. Je compte bien le rencontrer prochainement et lui parler de la lettre, même s’il est dans l’opposition.

  4. Le bureau de comté de mon député m’a appellé, comme il a du le faire pour toutes les entreprises locales, et m’a demandé les enjeux importants selon moi. Je lui ai parlé d’économique numérique. Je compte bien le rencontrer prochainement et lui parler de la lettre, même s’il est dans l’opposition.

  5. Je suis d’accord pour l’approche 2.0 mais en même temps, j’aimerais, dans un premier temps, pouvoir échanger en face à face. Possible d’organiser une session d’information à Montréal nous permettant de bien comprendre les enjeux et de discuter ouvertement des stratégies possibles? Session qui pourrait faire l’objet d’une diffusion vidéo livestream pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer vers Montréal.

  6. Je suis d’accord pour l’approche 2.0 mais en même temps, j’aimerais, dans un premier temps, pouvoir échanger en face à face. Possible d’organiser une session d’information à Montréal nous permettant de bien comprendre les enjeux et de discuter ouvertement des stratégies possibles? Session qui pourrait faire l’objet d’une diffusion vidéo livestream pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer vers Montréal.

  7. @Michel Monette
    Pas loin de penser la même chose. L’accessibilité est une dimension très importante.

    Mais pour l’instant, ce qu’il manque surtout c’est une vision. Le gouvernement ne sait pas s’il doit intervenir ou ne pas intervenir, subventionner ou ne pas subventionner. Selon moi, il pire de ne pas ne donner les moyens d’agir que de faire des mauvais choix.

    L’idée d’un Plan n’est pas une panacée, juste une « vision partagée » de laquelle pourrait découler une somme d’actions.

  8. @Michel Monette
    Pas loin de penser la même chose. L’accessibilité est une dimension très importante.

    Mais pour l’instant, ce qu’il manque surtout c’est une vision. Le gouvernement ne sait pas s’il doit intervenir ou ne pas intervenir, subventionner ou ne pas subventionner. Selon moi, il pire de ne pas ne donner les moyens d’agir que de faire des mauvais choix.

    L’idée d’un Plan n’est pas une panacée, juste une « vision partagée » de laquelle pourrait découler une somme d’actions.

  9. @Michelle Sullivan
    Ce serait effectivement l’idéal. Pouvoir réunir ceux qui ont des choses à dire pour alimenter une réflexion forte d’une situation qui est somme toute fort complexe avec des enjeux importants pour notre avenir économique et culturel.

  10. @Michelle Sullivan
    Ce serait effectivement l’idéal. Pouvoir réunir ceux qui ont des choses à dire pour alimenter une réflexion forte d’une situation qui est somme toute fort complexe avec des enjeux importants pour notre avenir économique et culturel.

  11. Une des difficultés à intervenir dans la dimension économique du numérique, c’est que ça évolue à une vitesse très rapide. Qui aurait dit il y a à peine un an l’ampleur qu’aurait pris Twitter, par exemple. On commence à peine à en explorer l’utilisation dans une stratégie de marketing. La combinaison Net et mobile en est à l’enfance. Qui sait les usages et les nuisances qui vont se développer dans l’imaginaire de ceux qui voudront en tirer profit (ou en abuser). En même temps, il faut trouver comment protéger les consommateurs dans un environnement technologique fondamentalement instable. Pas facile de se doter d’un plan de développement qui englobe tous les morceaux du casse-tête. Et si on envisageait la chose autrement : comment intégrer le numérique dans un plan de développement de notre économie? Comment intégrer le numérique dans le développement futur de notre système scolaire? Idem pour notre système de santé, pour notre démocratie… Bref, non pas un plan pour développer le numérique, mais plutôt des démarches d’intégration du numérique dans les interventions publiques qui soutiennent les diverses dimensions économiques, sociales, culturelles, technologiques, etc. de notre développement comme société.

  12. Une des difficultés à intervenir dans la dimension économique du numérique, c’est que ça évolue à une vitesse très rapide. Qui aurait dit il y a à peine un an l’ampleur qu’aurait pris Twitter, par exemple. On commence à peine à en explorer l’utilisation dans une stratégie de marketing. La combinaison Net et mobile en est à l’enfance. Qui sait les usages et les nuisances qui vont se développer dans l’imaginaire de ceux qui voudront en tirer profit (ou en abuser). En même temps, il faut trouver comment protéger les consommateurs dans un environnement technologique fondamentalement instable. Pas facile de se doter d’un plan de développement qui englobe tous les morceaux du casse-tête. Et si on envisageait la chose autrement : comment intégrer le numérique dans un plan de développement de notre économie? Comment intégrer le numérique dans le développement futur de notre système scolaire? Idem pour notre système de santé, pour notre démocratie… Bref, non pas un plan pour développer le numérique, mais plutôt des démarches d’intégration du numérique dans les interventions publiques qui soutiennent les diverses dimensions économiques, sociales, culturelles, technologiques, etc. de notre développement comme société.

  13. @Michel Monette

    Pour ce qui est de couvrir large, on parle exactement de la même chose. Les bouleversements sont dans tous les secteurs de la société, et une vision doit être un jour développer, elle doit être large.

    Je fais une précision. Tu dis: « Une des difficultés à intervenir dans la dimension économique du numérique ». On résume l’apport d’un gouvernement à son « intervention ». Je ne crois pas qu’on doive le cantonner dans un rôle de switch off/onn. Intervention / non-intervention.

    Dans le cas du numérique, en participant à dégager un vison sociale de la question et favoriser un virage numérique, il pourrait avoir un rôle de catalyseur puissant.

    Ce type d’implication de la part d’un gouvernement est nettement plus positif que de simplement tenter d’influer sur les marchés.

  14. @Michel Monette

    Pour ce qui est de couvrir large, on parle exactement de la même chose. Les bouleversements sont dans tous les secteurs de la société, et une vision doit être un jour développer, elle doit être large.

    Je fais une précision. Tu dis: « Une des difficultés à intervenir dans la dimension économique du numérique ». On résume l’apport d’un gouvernement à son « intervention ». Je ne crois pas qu’on doive le cantonner dans un rôle de switch off/onn. Intervention / non-intervention.

    Dans le cas du numérique, en participant à dégager un vison sociale de la question et favoriser un virage numérique, il pourrait avoir un rôle de catalyseur puissant.

    Ce type d’implication de la part d’un gouvernement est nettement plus positif que de simplement tenter d’influer sur les marchés.

  15. Pour le quoi faire : j’aime bien la proposition de Michelle Sullivan.

    Pour le quoi mettre de l’avant : Je seconde Michel Monette.

    Mon grain de sable ou de sel dans le brainstorming: Impliquer d’autres acteurs du monde municipal (accessibilité en région), du milieu syndical (prioriser le numérique c’est aussi reléguer au second rang des industries trad. qui emploient bcp de personnes), du milieu communautaire, etc. Un colloque ? Des états généraux virtuels ?

    Prêt à mettre l’épaule à la roue en tout cas.

  16. Pour le quoi faire : j’aime bien la proposition de Michelle Sullivan.

    Pour le quoi mettre de l’avant : Je seconde Michel Monette.

    Mon grain de sable ou de sel dans le brainstorming: Impliquer d’autres acteurs du monde municipal (accessibilité en région), du milieu syndical (prioriser le numérique c’est aussi reléguer au second rang des industries trad. qui emploient bcp de personnes), du milieu communautaire, etc. Un colloque ? Des états généraux virtuels ?

    Prêt à mettre l’épaule à la roue en tout cas.

  17. J’aime l’idée d’états généraux. Il y a aussi la possibilité de tenir un Sommet du numérique, un peu comme on a eu des sommets socio-économiques avant l’actuel gouvernement qui avait permis aux diverses composantes de la société de se mettre au même diapason.

  18. J’aime l’idée d’états généraux. Il y a aussi la possibilité de tenir un Sommet du numérique, un peu comme on a eu des sommets socio-économiques avant l’actuel gouvernement qui avait permis aux diverses composantes de la société de se mettre au même diapason.

  19. @Michel Monette

    En effet, si le gouvernement constituait un Sommet, ce serait nettement stimulant.

    Un Plan n’est pas une fin en soi; c’est un moyen pour exprimer une vision, une prise de position politique. Mais combien de plans, livres blancs, politiques nationales ont fini sur les tablettes.

    Il n’y a pas si longtemps on a vu le rapport Gautrin remisé dans les oubliettes. Parce qu’il n’avait pas les appuis politiques (internes et externes).

  20. @Michel Monette

    En effet, si le gouvernement constituait un Sommet, ce serait nettement stimulant.

    Un Plan n’est pas une fin en soi; c’est un moyen pour exprimer une vision, une prise de position politique. Mais combien de plans, livres blancs, politiques nationales ont fini sur les tablettes.

    Il n’y a pas si longtemps on a vu le rapport Gautrin remisé dans les oubliettes. Parce qu’il n’avait pas les appuis politiques (internes et externes).

  21. Excellente idée qu’un rassemblement pour le Plan Numérique diffusée live sur Ustream, Michelle. J’offrirais très volontiers mes services experts pour en assurer la diffusion.

    Par ailleurs, avant les élections de novembre, j’avais proposé à Patricia Tessier et Philippe Martin de produire avec eux une capsule d’info à propos de cette lettre. Je me disais qu’une vidéo sincère, avec des vrais individus affichant de vraies convictions, savamment diffusée sur les médias sociaux, relayées par des centaines de blogues et de médias, aurait beaucoup plus d’impact populaire que des dizaines de billets, aussi bien écrits soient-ils.

    Cette proposition tient toujours et je suggère même de l’étendre à la manière de l’opération « Join The Wave ». Choisissons un site de diffusion, un tag commun et fourbissons nos webcams. Imaginez l’impact de 100, 200, 500 vidéos de vrais citoyens québécois exprimant, dans leurs mots, leur malaise au sujet de cette absence de pensée stratégique de leurs politiciens!

  22. Excellente idée qu’un rassemblement pour le Plan Numérique diffusée live sur Ustream, Michelle. J’offrirais très volontiers mes services experts pour en assurer la diffusion.

    Par ailleurs, avant les élections de novembre, j’avais proposé à Patricia Tessier et Philippe Martin de produire avec eux une capsule d’info à propos de cette lettre. Je me disais qu’une vidéo sincère, avec des vrais individus affichant de vraies convictions, savamment diffusée sur les médias sociaux, relayées par des centaines de blogues et de médias, aurait beaucoup plus d’impact populaire que des dizaines de billets, aussi bien écrits soient-ils.

    Cette proposition tient toujours et je suggère même de l’étendre à la manière de l’opération « Join The Wave ». Choisissons un site de diffusion, un tag commun et fourbissons nos webcams. Imaginez l’impact de 100, 200, 500 vidéos de vrais citoyens québécois exprimant, dans leurs mots, leur malaise au sujet de cette absence de pensée stratégique de leurs politiciens!

  23. Je suis bien d’accord avec ce qui est proposé ici.
    Un face à face aussi, j’aimerais ça.

    Le Plan est un beau départ, les billets qui ont suivi aussi. Il faudrait effectivement structurer la démarche, structurer et prioriser les diverses suggestions. Beaucoup de bonnes idées ici, mais je crois qu’un brainstorm collectif et qu’une priorisation d’étapes d’un plan d’action serait de mise.

    Dans ce sens, j’aime bien la distinction transport/création dont parlais Michel.

    Je pense également comme Michelle: faudra garder une approche 2.0 au processus.

  24. Je suis bien d’accord avec ce qui est proposé ici.
    Un face à face aussi, j’aimerais ça.

    Le Plan est un beau départ, les billets qui ont suivi aussi. Il faudrait effectivement structurer la démarche, structurer et prioriser les diverses suggestions. Beaucoup de bonnes idées ici, mais je crois qu’un brainstorm collectif et qu’une priorisation d’étapes d’un plan d’action serait de mise.

    Dans ce sens, j’aime bien la distinction transport/création dont parlais Michel.

    Je pense également comme Michelle: faudra garder une approche 2.0 au processus.

  25. Je partage évidemment l’analyse que tu nous proposes, Yves, quant au manque de vision de nos gouvernements actuels dans le domaine du numérique. Et, oui, je suis volontaire pour mettre l’épaule à la roue — pour être porteur de ballon, comme tu le dis. Mais je suis dubitatif.

    Je suis dubitatif parce que ne suis pas certain qu’une vision peut être le fait d’un travail collectif — on risque trop la dilution, le plus petit dénominateur commun. Il y a des visions fortes auxquelles ont peu se rallier, qui peuvent devenir des visions partagées, mais peut-on les concevoir ensemble?

    Bien sûr, cela ne veut pas dire que cette vision doit sortir de la tête de quelqu’un, d’une seule personne, comme un lapin d’un chapeau de magicien. Des dizaines, voire des centaines de personnes peuvent alimenter les réflexions de celui ou celle qui formulera la vision — mais c’est un processus bien différent.

    Comment on fait alors pour avancer? Je ne sais pas — il faut continuer d’y penser — et écrire!

    Je vais de ce pas relayer ton appel sur mon blogue, en souhaitant que d’autres personnes pourront ainsi se joindre à la conversation.

  26. Je partage évidemment l’analyse que tu nous proposes, Yves, quant au manque de vision de nos gouvernements actuels dans le domaine du numérique. Et, oui, je suis volontaire pour mettre l’épaule à la roue — pour être porteur de ballon, comme tu le dis. Mais je suis dubitatif.

    Je suis dubitatif parce que ne suis pas certain qu’une vision peut être le fait d’un travail collectif — on risque trop la dilution, le plus petit dénominateur commun. Il y a des visions fortes auxquelles ont peu se rallier, qui peuvent devenir des visions partagées, mais peut-on les concevoir ensemble?

    Bien sûr, cela ne veut pas dire que cette vision doit sortir de la tête de quelqu’un, d’une seule personne, comme un lapin d’un chapeau de magicien. Des dizaines, voire des centaines de personnes peuvent alimenter les réflexions de celui ou celle qui formulera la vision — mais c’est un processus bien différent.

    Comment on fait alors pour avancer? Je ne sais pas — il faut continuer d’y penser — et écrire!

    Je vais de ce pas relayer ton appel sur mon blogue, en souhaitant que d’autres personnes pourront ainsi se joindre à la conversation.

  27. @ Clément «Comment on fait alors pour avancer?» : regardons du côté de l’Administration Obama. Nous devons évidemment trouver notre propre façon de dégager une vision (d’où l’idée d’un Sommet) mais ça ne nuit pas de s’inspirer d’un premier de classe ;-)

  28. @ Clément «Comment on fait alors pour avancer?» : regardons du côté de l’Administration Obama. Nous devons évidemment trouver notre propre façon de dégager une vision (d’où l’idée d’un Sommet) mais ça ne nuit pas de s’inspirer d’un premier de classe ;-)

  29. @Michel: je suis évidemment d’accord pour regarder dans cette inspirante direction. Reste que Obama ne dit pas aux citoyens « asseyons nous ensemble pour élaborer une vision commune ». Il leur présent SA vision et leur propose de travailler ensemble dans cette direction, éclairée par cette vision. Tu ne crois pas?

    De façon complémentaire, sur l’importance de rencontres « en personne » je vous propose la lecture de ce texte de Jean-Sébastien Bouchard:

    http://www.jsbouchard.com/2009/02/signaux-honnetes-limportance-de-la-rencontre-pour-soutenir-linnovation/

  30. @Michel: je suis évidemment d’accord pour regarder dans cette inspirante direction. Reste que Obama ne dit pas aux citoyens « asseyons nous ensemble pour élaborer une vision commune ». Il leur présent SA vision et leur propose de travailler ensemble dans cette direction, éclairée par cette vision. Tu ne crois pas?

    De façon complémentaire, sur l’importance de rencontres « en personne » je vous propose la lecture de ce texte de Jean-Sébastien Bouchard:

    http://www.jsbouchard.com/2009/02/signaux-honnetes-limportance-de-la-rencontre-pour-soutenir-linnovation/

  31. @ Clément : la vision d’Obama découle de l’usage judicieux que lui et son équipe de conseillers ont su faire du Web 2.0 ;-) Comme ici au Québec aucun parti politique ne fait de la politique 2.0 [Martin nous parlerait du Bloc à Ottawa ;-)], il faudrait bien trouver une autre forme de leadership politique. Peut-être que finalement des États généraux organisés en dehors de la sphère gouvernementale (mais auxquels des personnes clés du gouvernement du Québec seraient invitées), précédés d’une réflexion en réseau la plus large possible, est une bonne idée. Après il pourrait y avoir un Sommet organisé par le gouvernement pour là dégager les consensus sur ce qui doit être fait,avec des objectifs et des cibles précises dans le temps.

  32. @ Clément : la vision d’Obama découle de l’usage judicieux que lui et son équipe de conseillers ont su faire du Web 2.0 ;-) Comme ici au Québec aucun parti politique ne fait de la politique 2.0 [Martin nous parlerait du Bloc à Ottawa ;-)], il faudrait bien trouver une autre forme de leadership politique. Peut-être que finalement des États généraux organisés en dehors de la sphère gouvernementale (mais auxquels des personnes clés du gouvernement du Québec seraient invitées), précédés d’une réflexion en réseau la plus large possible, est une bonne idée. Après il pourrait y avoir un Sommet organisé par le gouvernement pour là dégager les consensus sur ce qui doit être fait,avec des objectifs et des cibles précises dans le temps.

  33. Bonjour,
    Je suis Français, et surtout Breton. Je croyais le canada à la pointe des techniques du numérique et des médias, je suis très surpris de voir que le vieux continent qu'est la France est très en avance ?
    Et quelque part, je suis déçu par vos politiques qui ne valent pas plus que les notres en définitif.
    Cordialement

  34. Bonjour,
    Je suis Français, et surtout Breton. Je croyais le canada à la pointe des techniques du numérique et des médias, je suis très surpris de voir que le vieux continent qu'est la France est très en avance ?
    Et quelque part, je suis déçu par vos politiques qui ne valent pas plus que les notres en définitif.
    Cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>