{"id":1488,"date":"2026-02-14T12:33:43","date_gmt":"2026-02-14T17:33:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.yveswilliams.com\/blogue\/?p=1488"},"modified":"2026-03-27T12:35:57","modified_gmt":"2026-03-27T16:35:57","slug":"a-la-table-et-au-menu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.yveswilliams.com\/blogue\/2026\/02\/14\/a-la-table-et-au-menu\/","title":{"rendered":"\u00c0 la table et au menu"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Ce que Carney ne dit pas sur la souverainet\u00e9 num\u00e9rique dans son discours \u00e0 Davos<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le 20 janvier dernier, Mark Carney a prononc\u00e9 \u00e0 Davos un discours qui a fait le tour du monde. Un discours qui a frapp\u00e9 avec une phrase tr\u00e8s sentie : \u00ab Si vous n\u2019\u00eates pas \u00e0 la table, vous \u00eates au menu. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le diagnostic est lucide. L\u2019ordre international fond\u00e9 sur les r\u00e8gles est termin\u00e9. Les grandes puissances ont cess\u00e9 de pr\u00e9tendre le respecter. L\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique est devenue une arme, les tarifs un levier, les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement une vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 exploiter. Les puissances moyennes n\u2019ont que deux options : se faire d\u00e9vorer une par une ou s\u2019organiser.<\/p>\n\n\n\n<p>Carney a agi en cons\u00e9quence. Accords commerciaux et de s\u00e9curit\u00e9 en quelques mois sur plusieurs continents. Croissance des d\u00e9penses de d\u00e9fense. Rapprochement avec l\u2019Union europ\u00e9enne. Discussions avec la Chine, le Qatar. Une volont\u00e9 de diversification tr\u00e8s r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Sauf que Carney reste discret sur le num\u00e9rique. Il mentionne l\u2019IA parmi les investissements massifs du Canada, aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00e9nergie et des min\u00e9raux critiques. Il parle de coop\u00e9rer avec les d\u00e9mocraties pour \u00e9viter d\u2019avoir \u00e0 \u00ab choisir entre h\u00e9g\u00e9mons et hyperscalers \u00bb. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce cadrage qui pose probl\u00e8me. L\u2019IA et le num\u00e9rique apparaissent dans son discours comme des actifs comptables, des lignes d\u2019investissement, des leviers de productivit\u00e9. Des donn\u00e9es froides. De l\u2019infrastructure.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dont Carney ne parle pas, c\u2019est de l\u2019espace social et politique que le num\u00e9rique a cr\u00e9\u00e9. Pas un mot sur les plateformes qui fa\u00e7onnent le d\u00e9bat public. Pas un mot sur les algorithmes qui amplifient la d\u00e9sinformation. Pas un mot sur l\u2019\u00e9rosion d\u00e9mocratique que produit, au quotidien, un \u00e9cosyst\u00e8me num\u00e9rique sans gouvernance. La souverainet\u00e9 num\u00e9rique telle que Carney la con\u00e7oit est une affaire de serveurs et de puissance de calcul. Ce n\u2019est pas une affaire de citoyens.<\/p>\n\n\n\n<p>Or c\u2019est l\u00e0, dans cet espace que personne ne gouverne vraiment, que la question de la table et du menu se pose avec le plus d\u2019acuit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le discours que Carney n\u2019a pas fait<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Deux semaines apr\u00e8s Davos, le pr\u00e9sident du gouvernement espagnol Pedro S\u00e1nchez prononce au Sommet mondial des gouvernements \u00e0 Duba\u00ef un discours d\u2019une tout autre nature. Il ne parle ni de tarifs douaniers ni de puissance de calcul. Il parle de ce que le num\u00e9rique fait aux soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e1nchez d\u00e9crit un espace o\u00f9 les fondements d\u00e9mocratiques sont sap\u00e9s de l\u2019int\u00e9rieur. Un espace o\u00f9 les algorithmes faussent le d\u00e9bat public, o\u00f9 la d\u00e9sinformation circule plus vite que la v\u00e9rit\u00e9, o\u00f9 la moiti\u00e9 des utilisateurs sont expos\u00e9s \u00e0 des discours de haine, o\u00f9 les donn\u00e9es personnelles sont exploit\u00e9es et revendues. Un espace que les d\u00e9mocraties ont laiss\u00e9 se construire sans gouvernance et qui, aujourd\u2019hui, se retourne contre elles.<\/p>\n\n\n\n<p>On nous avait promis un outil de compr\u00e9hension et de coop\u00e9ration mondiales. Un vecteur de libert\u00e9, de transparence, de responsabilit\u00e9. C\u2019est le contraire qui s\u2019est produit. Le num\u00e9rique non gouvern\u00e9 n\u2019\u00e9rode pas seulement la vie priv\u00e9e ou le confort des citoyens. Il \u00e9rode la capacit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 d\u00e9lib\u00e9rer, \u00e0 se faire confiance, \u00e0 se gouverner elles-m\u00eames. C\u2019est le tissu d\u00e9mocratique qui s\u2019use, fil apr\u00e8s fil, dans un espace que personne ne surveille.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e1nchez ne se contente pas de d\u00e9crire. Il annonce cinq mesures concr\u00e8tes, dont la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des dirigeants de plateformes et la criminalisation de la manipulation algorithmique. Il lance une \u00ab coalition des volontaires du num\u00e9rique \u00bb avec cinq pays europ\u00e9ens. Et il nomme un lien que Carney esquive enti\u00e8rement : ce qu\u2019il appelle \u00ab la convergence de deux \u00e9checs \u00bb. Un espace num\u00e9rique sans responsabilit\u00e9 qui affaiblit les soci\u00e9t\u00e9s de l\u2019int\u00e9rieur. Un ordre mondial sous pression ext\u00e9rieure. Les deux ne sont pas parall\u00e8les. Ils se nourrissent. La d\u00e9sinformation amplifi\u00e9e par les algorithmes fragilise les d\u00e9mocraties, ce qui affaiblit pr\u00e9cis\u00e9ment leur capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019organiser entre elles. Le num\u00e9rique non gouvern\u00e9 n\u2019est pas un probl\u00e8me \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la rupture g\u00e9opolitique. C\u2019est un acc\u00e9l\u00e9rateur de cette rupture.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut discuter chaque mesure espagnole. On peut questionner la capacit\u00e9 d\u2019un gouvernement minoritaire \u00e0 les faire adopter. On peut m\u00eame soup\u00e7onner une part de posture dans l\u2019affrontement avec les plateformes. Mais le geste compte plus que le d\u00e9tail. L\u2019Espagne est au menu, elle aussi. Mais elle le sait, elle le dit, et elle r\u00e9clame une nouvelle table avec un nouveau menu. Carney veut accro\u00eetre sa part de plomberie dans un restaurant qui ne lui appartient pas vraiment; S\u00e1nchez, lui, joue \u00e0 l\u2019inspecteur sanitaire pour d\u00e9clarer que le restaurant est toxique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont deux logiques de souverainet\u00e9. L\u2019une est mat\u00e9rielle, l\u2019autre est normative. L\u2019une veut acheter des \u00e9l\u00e9ments pour le four, l\u2019autre conteste le chef. Si les deux logiques sont n\u00e9cessaires, l\u2019une sans l\u2019autre reste incompl\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La souverainet\u00e9 num\u00e9rique, frontalement<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Europe n\u2019est pas un mod\u00e8le de r\u00e9ussite, loin de l\u00e0. Comme partout, ses citoyens sont sur des infrastructures am\u00e9ricaines. Leurs donn\u00e9es alimentent des mod\u00e8les d\u2019IA entra\u00een\u00e9s ailleurs. Les algorithmes qui fa\u00e7onnent leurs d\u00e9bats publics sont con\u00e7us \u00e0 San Francisco. L\u2019Europe aussi est au menu. Comme le Canada.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la question y est pos\u00e9e diff\u00e9remment. Elle est pos\u00e9e plus frontalement. RGPD, Digital Services Act, Digital Markets Act, AI Act. Un arsenal l\u00e9gislatif sans \u00e9quivalent dans le monde. Un arsenal qui ne suffit pas. Les plateformes s\u2019adaptent juste assez pour se faufiler entre les amendes sans jamais c\u00e9der le contr\u00f4le r\u00e9el, lorsque ce ne sont pas les menaces politiques qui les consolident dans leurs positions. Mais l\u2019essentiel est que la souverainet\u00e9 num\u00e9rique y est trait\u00e9e comme un enjeu de gouvernance au m\u00eame titre que le commerce ou la d\u00e9fense. Ce n\u2019est plus une affaire de startups et de geeks, c\u2019est une affaire de citoyens et de gouvernance.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le contexte actuel donne \u00e0 cette question une acuit\u00e9 nouvelle. Car ce que Carney d\u00e9crit \u00e0 Davos, la transformation de l\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique en arme par un partenaire agressif, s\u2019applique au num\u00e9rique avec encore plus de force unilat\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9pendance ne se mesure pas seulement en barils de p\u00e9trole ou en tonnes d\u2019acier. Elle se mesure en serveurs qui stockent les donn\u00e9es de vos citoyens. En mod\u00e8les d\u2019IA qui vont restructurer votre \u00e9conomie. En plateformes qui contr\u00f4lent l\u2019espace o\u00f9 se forme l\u2019opinion publique. Comment b\u00e2tir une autonomie strat\u00e9gique quand l\u2019infrastructure informationnelle sur laquelle repose votre souverainet\u00e9 appartient \u00e0 la puissance dont vous tentez de r\u00e9duire l\u2019emprise ?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Europe commence \u00e0 regarder cette question en face. Pas assez vite. Pas assez fort. Mais en face. L\u2019id\u00e9e que la d\u00e9pendance num\u00e9rique est une vuln\u00e9rabilit\u00e9 strat\u00e9gique du m\u00eame ordre que la d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique est en train de s\u2019installer dans le d\u00e9bat europ\u00e9en. Le discours de S\u00e1nchez en est un sympt\u00f4me. La coalition qu\u2019il lance en est un autre. L\u2019effort est lent, insuffisant, mais il va dans la bonne direction : celle qui consiste \u00e0 nommer le probl\u00e8me pour ce qu\u2019il est.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le Canada : la plomberie sans la politique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Revenons au Canada. Il serait injuste de dire que le gouvernement Carney n\u2019a pas de strat\u00e9gie num\u00e9rique. Le budget 2025 consacre pr\u00e8s d\u2019un milliard sur cinq ans \u00e0 une infrastructure publique de calcul souverain pour l\u2019IA. Sept cents millions vont \u00e0 un supercalculateur canadien. Un Bureau de la transformation num\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9. Il y a m\u00eame un ministre de l\u2019Intelligence artificielle. Sur le papier, le Canada veut r\u00e9nover sa cuisine.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette strat\u00e9gie est mat\u00e9rielle, pas politique. Elle investit dans la puissance de calcul, pas dans la gouvernance de l\u2019espace num\u00e9rique. Elle ach\u00e8te des serveurs, pas des r\u00e8gles. Le Canada d\u00e9veloppe une capacit\u00e9 de calcul souveraine pour entra\u00eener des mod\u00e8les d\u2019IA sur des donn\u00e9es canadiennes dans un environnement s\u00e9curis\u00e9, ce qui est n\u00e9cessaire. Ce qu\u2019il ne fait pas, c\u2019est se donner les moyens de gouverner l\u2019espace o\u00f9 ces technologies d\u00e9ploient leurs effets sur la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le paradoxe va plus loin. En juin 2025, quelques mois apr\u00e8s le budget qui investissait dans la souverainet\u00e9 technologique, le gouvernement Carney a abrog\u00e9 la taxe sur les services num\u00e9riques sous la pression directe de Trump. Cette taxe, qui devait rapporter plus de sept milliards de dollars en cinq ans, obligeait les g\u00e9ants technologiques am\u00e9ricains \u00e0 payer des imp\u00f4ts sur les revenus qu\u2019ils g\u00e9n\u00e8rent aupr\u00e8s des Canadiens. Trump a qualifi\u00e9 la taxe d\u2019\u00ab attaque directe et flagrante \u00bb contre les \u00c9tats-Unis. Carney a c\u00e9d\u00e9 en quelques jours.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019image est difficile \u00e0 ignorer. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le premier ministre construit un four souverain pour moins d\u00e9pendre de la cuisine am\u00e9ricaine. De l\u2019autre, il renonce \u00e0 faire payer son loyer aux g\u00e9ants qui occupent d\u00e9j\u00e0 tout l\u2019espace num\u00e9rique canadien. Souverainet\u00e9 de puissance d\u2019un c\u00f4t\u00e9. Soumission fiscale de l\u2019autre. Le Canada installe de la plomberie, mais il abandonne ce qui sera au menu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c9crire notre propre carte<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Carney a raison : il faut \u00eatre \u00e0 la table. S\u00e1nchez a raison : il faut contester le menu. Mais il manque un terme \u00e0 la m\u00e9taphore. Avant de s\u2019asseoir, avant de commander, il faut entrer dans la cuisine. Il faut avoir les mains dans la pr\u00e9paration. Ma\u00eetriser les ingr\u00e9dients. Savoir ce qui se fabrique.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le num\u00e9rique, la cuisine, c\u2019est l\u2019infrastructure, oui, mais c\u2019est aussi les r\u00e8gles, les standards, les cadres normatifs qui d\u00e9terminent ce qui sera servi et \u00e0 qui. Le Canada est en train de s\u2019\u00e9quiper en fours et en comptoirs. C\u2019est un d\u00e9but. Mais une cuisine sans politique alimentaire produit n\u2019importe quoi pour n\u2019importe qui.<\/p>\n\n\n\n<p>La souverainet\u00e9 num\u00e9rique ne se divise pas en tranches. La souverainet\u00e9 mat\u00e9rielle, celle des serveurs et du calcul, n\u2019a de sens que si elle est accompagn\u00e9e d\u2019une souverainet\u00e9 normative, celle des droits, de la gouvernance des donn\u00e9es, de la protection de l\u2019espace public. On ne peut pas diversifier ses alliances commerciales sur des infrastructures captives. On ne peut pas prot\u00e9ger le d\u00e9bat d\u00e9mocratique sur des plateformes qui tirent profit de sa d\u00e9gradation. Et on ne peut pas construire un four souverain le matin pour renoncer \u00e0 taxer ceux qui cuisinent chez vous le soir.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela aussi doit \u00eatre mis sur la table. Pour que nous soyons un peu moins au menu. Un peu plus dans la cuisine. Et qu\u2019un jour, peut-\u00eatre, ce soit nous qui \u00e9crivions la carte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce que Carney ne dit pas sur la souverainet\u00e9 num\u00e9rique dans son discours \u00e0 Davos Le 20 janvier dernier, Mark Carney a prononc\u00e9 \u00e0 Davos un discours qui a fait le tour du monde. 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