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Les bénéfices de la crise

Actualités, Canada, Question, Québec 14 mai 2009 | Comments

CAE vient d’annoncer une coupure de 10% dans ses effectifs. Bientôt, 700 personnes sur le trottoir à ses chercher un nouvel emploi. Effet de crise bien évidemment!

Dans le même temps, CAE annonce une augmentation de son bénéfice net de 9,1% au cours du dernier trimestre. Une augmentation de 30% du bénéfice net au cours de la dernière année financière (presque 200 millions de $).

Ce n’est pas le première fois qu’on lit dans une même nouvelle, hausse majeure du bénéfice et coupe drastique. Ce n’est pas la première fois, ce n’est pas non plus la dernière fois.

Ce qui me fait dire que parmi les plus grands bénéfices de la crise, il y cette facilité soudaine qu’ont les grandes sociétés (et leur division de communication) à faire accepter dans l’opinion publique des messages aussi contradictoires sans que personne ne sursaute, encore moins n’y voit quelque élément immoral.

Il n’y a pas longtemps, la moindre des choses auraient été de séparer les nouvelles. Il n’est maintenant plus nécessaire de faire cette dépense. En temps de crise, il n’y a pas de petites économies… Voilà un des bénéfices de la crise!

La consultation Internet comme auto-justification

Actualités, Politique, Québec, Web 2.0 20 mars 2009 | Comments

Durant la préparation de son budget, le gouvernement du Québec a réalisé une consultation en ligne. Afin de prendre le pouls de la population sur les défis de l’heure tout en alimentant la réflexion du gouvernement sur les choix budgétaires à effectuer, pouvait-on lire.

Plusieurs, dont moi, avaient critiqué la démarche employée. On peut lire une partie du débat parmi les commentaires de ce billet sur le site de Michael Carpentier.

Personnellement, je trouvais que le questionnaire ne répondait pas aux exigences d’une véritable consultation en dirigeant les questions vers des réponses pré-formatées. Comme s’il ne s’agissait que d’un exercice d’auto-justification.

La lecture du discours sur le budget (pdf), présenté hier à l’Assemblée nationale semble confirmer cette impression:

Monsieur le Président,

C’est sur cette toile de fond que j’ai préparé mon troisième budget.

Nous avons beaucoup consulté les Québécois. Près de 4 500 Québécois se sont
exprimés lors des consultations par Internet. Il s’agit d’une participation record.
(page 7)

(…)

Plus de 70 % des participants aux consultations en ligne sont d’avis qu’en temps
de récession, des déficits budgétaires sont nécessaires pour protéger les emplois
et les services aux citoyens. Nous sommes de cet avis.
(page 9)

Je crois que notre culture politique à mal, très mal. Et je déteste qu’on prenne la population pour des idiots, en jouant ainsi sur les mots et les concepts.

Certains espèrent que les nouvelles technologies et le web 2.0 changeront les rapports du gouvernement avec la population. On est loin encore très loin de ce jour.

Un plan de développement numérique pour le Québec: que fait-on maintenant ?

Actualités, Internet, Question, Québec, Réseaux sociaux, Web 2.0 25 février 2009 | Comments

Le CRTC a amorcé, la semaine dernière, ses audiences sur la question de la radiodiffusion dans les nouveaux médias. Il n’y aura pas de surprise à entendre chacun des intervenants prônés réglementation, dérèglementation, tarification, contrôle, laisser-faire, résistance, etc. Toutes les options seront entendues. Toutes bien représentatives de multiples intérêts en jeu, des différents acteurs impliqués par cette évolution des médias.

Et la question est d’autant plus complexe qu’au fédéral comme à Québec, les gouvernements ne sont munis d’aucun cadre d’analyse pour bien comprendre et affronter les impacts de l’évolution d’Internet (et plus largement, du numérique) sur l’ensemble de notre société. On réagit plutôt à la pièce. Ce qui, à la longue, nous donnera une belle courtepointe numérique plus ou moins confortable, et assurément inefficace.

Alors que faudra-t-il pour que nos gouvernements provincial et fédéral prennent le temps d’une vrai réflexion et se dote d’un plan d’ensemble pour faire face à tous ses nouveaux enjeux que nous posent cette évolution du numérique. Ces changements, nos gouvernements veulent-ils la subir ou en tirer bénéfice? Moi comme citoyen, mon choix est plus du côté de l’action. Et vous ?

Alors ne croyez vous pas qu’on pourrait recommencer à talonner les gouvernements, et plus particulièrement celui du Québec pour qu’ils se dotent d’un plan de développement pour une culture et une économie numériques. Débat si bien amorcé à la fin de l’automne dernier.

La lettre

Fin octobre, tout juste avant le déclenchement des élections provinciales, Patricia Tessier, avec le soutien des participants au YulBizz, publiait une lettre au PM du Québec pour dénoncer l’absence d’actions politiques pour corriger l’affaiblissement du Québec dans la nouvelle économie numérique. Les symptômes sont pourtant inquiétants et rien ne montre que nos élites politiques, toutes allégeances confondues, perçoivent la situation. Encore moins ne prennent les moyens pour y faire face.

Elle concluait ainsi sa lettre.

Finalement, il est important que le gouvernement provincial supporte et guide les gouvernements municipaux en matière de politiques numériques. En effet, ces derniers sont des acteurs importants du développement de l’économie numérique locale.

En conclusion, sans actions claires du gouvernement, nous croyons que le Québec court le risque de maintenir son retard et d’être laissé pour compte dans l’économie de demain. Nous vous demandons de planifier, au plus tôt, un exercice de réflexions et un plan de mise en œuvre pour stimuler l’économie numérique au Québec afin que nous puissions, non seulement rattraper le retard, mais devenir une nation qui prendra sa place et se distinguera dans la nouvelle économie.

Plus de trois mois se sont écoulés depuis cet envoi, sans que le gouvernement de Monsieur Charest ne réponde ou n’y fasse écho. Ni le PM, ni aucun des autres élus du gouvernement; ni même de l’opposition. Pourtant blogues, journaux, radio ont largement repris la demande.

Il est loin le temps où le Québec avait un ministre délégué à l’Autoroute de l’information. Il est tout aussi loin le temps où il n’était pas rare de voir un ministre de la culture ou du développement économique débarquer dans une activité publique de l’industrie techno, ou participer à des rencontres privées pour prendre le pouls de ce qui se faisait sur le terrain. Comme si ce qui était considéré enjeu et défi à la fin des années ’90, était devenu tout-à-coup harmonie et évidence. L’avenir est-il si rose et le ciel si bleu?

Pourtant :

  • on n’a qu’à relire la lettre de Patricia Tessier, où quelques chiffres montrent que les défis sont plus devant nous que derrière nous;
  • on n’a qu’à questionner n’importe quel professeur du secondaire, pour comprendre comment Internet avec ses règles de sociabilité et sa densité d’information s’ajoute comme un puissant vecteur d’influence dont on n’a pas encore mesuré tous les impacts;
  • on n’a qu’à regarder comment tout les canaux de diffusion culturelle sont perturbés dans leur fondement (lire modèle d’affaires);
  • on n’a qu’à voir comment le clivage énorme entre un enfant qui est élevé avec un ordinateur dans les mains et l’autre qui n’y aura accès presque jamais via l’école;
  • on a qu’à regarder le décalage entre les compagnies qui n’en sont encore qu’à l’apprentissage du courriel et les autres qui gèrent électroniquement l’ensemble de leur distribution et leur approvisionnement.

On pourrait continuer à l’infini la liste des changements fondamentaux qui s’opèrent dans notre économie, dans nos valeurs, dans nos consommations culturelles. Dans nos façons d’être, de penser, de voir et de nous ’exprimer. Dans notre façon d’être liés aux autres et d’échanger avec eux. Des changements ayant un potentiel incroyable mais composés tout autant d’une somme inouïe de nouvelles fractures sociales, linguistiques et économiques apparaissant chaque jour, entre des individus, des groupes, des régions, des pays.

Est-ce que le gouvernement a pris le parti du laisser-faire ? Pourtant d’autres pays proposent de mobiliser énergies et investissement pour s’assurer que le numérique soit un stimulant économique et social pour leurs citoyens. Juste notre position de petit-marché-francophone-fragile devrait fournir tous les arguments nécessaires aux élus pour justifier de s’attaquer à la question urgemment.

Et maintenant, c’est quoi la suite ?

Car il faudra bien lui faire une suite à cette lettre. Depuis qu’elle est sortie, plusieurs initiatives ont vu le jour : blogue, wiki, liste de distribution. Beaucoup d’énergie, beaucoup d’énoncés de principe, beaucoup de billets dans les blogues. Beaucoup de personnes qui ont manifesté clairement leur position. Assez pour bien montrer qu’une partie importante de l’industrie numérique est prête à la mobilisation. Quelle est la seconde étape ? Vous ne savez pas, moi non plus. Alors que diriez-vous d’en discuter. Des intéressés ?

Personnellement, je crois que le moment est venu d’amorcer une démarche plus structurée. Visant des objectifs clairs. Les moyens et objectifs sont à discuter. Mais ce qu’il m’apparaît évident, c’est qu’en politique, il n’y a pas de génération spontanée d’intentions et de volonté. Si nous croyons à ce que nous proposons, nous ne devons pas juste en discuter dans nos blogues, nous plaindre de l’inertie gouvernementale ou tous les traiter de tristes « cons ». Nous devons amorcer une action plus constructive, plus formelle, plus structurée afin de rendre plus claire et plus forte notre voix.

Toujours selon moi, et je peux me tromper, notre premier objectif devrait être de sensibiliser les différentes instances du gouvernement du Québec, les partis politiques et les élus. Principalement les élus. Pour qu’un projet social prenne forme, corps et vie, il faut des « porteurs de ballon ». Si nous croyons en l’urgence d’un plan pour encourager le déploiement d’une économie numérique vigoureuse au Québec, si nous croyons en la nécessité d’une réflexion sur les différents impacts sociologiques, culturels, éducatifs de l’évolution technologique récente afin d’avoir une vision plus éclairée des enjeux et options qui s’offrent à nous; si nous croyons l’apparition de nouvelles fractures sociales si ces changements ne sont pas bien assumés alors c’est à nous, les acteurs de la première ligne de poser les premiers gestes pour que ceux qui nous représentent comprennent nos demandes et deviennent ces porteurs de ballons dont nous avons besoin.

Et notre conviction devra être profonde et le nombre de ces porteurs de ballon nombreux car un Plan numérique aussi beau et bon soit-il, ne servirait strictement à rien s’il n’est pas inscrit profondément dans le projet politique de nos partis politiques. Vous avez déjà vu des plans se retrouver sur les tablettes sitôt imprimées ? Moi, si. C’est même fréquent.

Alors qui embarque? J’ai eu l’occasion de m’entretenir par téléphone ou directement avec plusieurs personnes qui aimeraient travailler dans le même sens. Si nous étions quelques dizaines tous aussi motivés, ce serait un bon départ. Comment cette démarche prendra forme ? Je ne sais pas. Gardons le principe du 2.0 , l’idée devant le messager, la cause avant le porteur, partageons, collaborons… nous trouverons bien les moyens pour nous faire entendre. En attendant, manifestez-vous, on prendra les noms…

Bien sûr, si des regroupements de l’industrie voulaient participer à cette réflexion, officiellement ou officieusement, la porte est ouverte; votre apport serait même souhaitable. Tout comme si des initiatives similaires à celle-ci avait déjà vu le jour, sans que je le sache, je me ferai un plaisir de me joindre à vous.

Faire un don… en ligne

Actualités, Blogue, Politique, Québec 14 décembre 2008 | Comments

Le Temps de Fêtes est un moment de retrouvailles familiales, de réjouissance véritables ou commerciales (ou les deux), de vacances, de résolutions, de quelques bilans personnels. C’est aussi un des moments les plus importants de l’année pour les organismes de charité. Les guignolées et autres campagnes se multiplient pour ramasser nourriture, vêtements et argent.

Pourtant, au Québec la générosité est un peu paresseuse. On se rappellera de l’étude Generosity in Canada and the United States (PDF) publiée en décembre 2007, qui indiquait que le Québec obtenait une classement gênant dans l’indice de générosité face aux autres provinces et états américains. Pourtant, ce ne sont ni les besoins, organismes et possibilités qui manquent.

Voici donc pour faciliter la vie de chacun, une courte liste très très loin d’être exhaustive d’organismes de charité québécois qui acceptent les dons en ligne. Vous n’avez plus d’excuses!
 

 
CENTRAIDE : don en ligne
MOISSON MONTRÉAL : don en ligne
FONDATION QUÉBÉCOISE POUR LES ENFANTS MALADES DU COEUR : don en ligne
CLUB DES PETITS DÉJEUNERS DU QUÉBEC: don en ligne
CROIX-ROUGE CANADIENNE don en ligne
GRANDE GUIGNOLÉE DES MÉDIAS: don en ligne
OPÉRATION ENFANT SOLEIL don en ligne
JEUNESSE AU SOLEIL: don en ligne
LES AUBERGES DU COEUR don en ligne
SOCIETE DE SAINT-VINCENT DE PAUL don en ligne
 

Si aucun de ceux-ci ne vous convient pas, allez sur CANADON. Vous pourrez y retrouver plus de 83 000 organismes de bienfaisance canadiens, utilisant leur système de donation en ligne. Voici un petit échantillon d’environ 200 organismes du Québec impliqués dans les questions sociales, et qui apprécieraient bien vos dons en ligne.

Si le paiement par carte de crédit n’est pas votre tasse de thé, qu’à cela ne tienne, Desjardins fournit la liste des organismes admissibles au don via ACCESD.

Et si vous êtes blogueurs et que vous aimeriez mettre à profit votre audience au service des plus démunis , inspirez-vous de l’initiative exemplaire de Michael Carpentier qui a mis des bannières publicitaires sur son blogue, afin de reverser les profits à certains de ses organismes de charité. Bientôt, un nouvelle guignolée des blogueurs devraient aussi voir le jour.

PS. : Il n’est pas nécessaire d’attendre le temps des Fêtes, ou un quelconque cataclysme pour donner. Les besoins sont à longueur d’année. Alors, donnez aujourd’hui, donnez encore bientôt… et donnez régulièrement!

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Les pancartes électorales se transportent sur Twitter

Actualités, Politique, Réseaux sociaux, Web 2.0 2 décembre 2008 | Comments

Pancartes électorales sur TwitterEncore une fois, Québec Solidaire innove durant cette campagne.

Cette fois-ci, c’est en invitant leurs sympathisants à porter une petite bannière aux couleurs du parti avec la mention « Vote QS ». Simple et efficace. Ça rend l’intention de vote transparente, claire et porteuse pour qui veut défendre clairement ses opinions.

Cela n’a prit que quelques minutes pour voir apparaître une bannière aux couleurs du « Vote PQ ». Est-ce que cela fera boule de neige ? Je doute de voir des bannières rouges. Peut-être des vertes, par contre.

Voilà donc arrivée l’ère des Pancartes 2.0. ;-)

Nettement plus écolo que celles qu’on met habituellement sur son balcon.

MAJ: On peut aussi lire le billet de l’un des instigateurs de cette initiative.

MAJ #2 : Un billet de la pancarte bleue.

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« Joe le plombier » peut-il exister au Québec ?

Actualités, Politique, Québec, Vidéo 5 novembre 2008 | Comments

Pendant la campagne électorale américaine, un citoyen ordinaire a pris une place importante dans les discussions politiques. Du jour au lendemain, il est passé d’inconnu à référence dans les discours et messages publicitaires. Au Québec un tel phénomène pourrait-il se produire ? Probablement que non. Nos partis politiques contrôlent trop le message. Une « com » rigide, où rien ne dépasse.

Vous vous souvenez lors de la dernière élection de Richard Lévesque, ce travailleur qui avait apostrophé Jean Charest ? Probablement que non. Sous d’autres cieux, les partis d’opposition auraient construit rapidement des tactiques d’enfer pour porter haut et fort ces simples inquiétudes légitimes, partagées par tant d’électeurs. Ici, aucun parti d’opposition n’a pris le flambeau. Aux États-Unis, Samuel J. Wurzelbacher est devenu Joe the Plumber, ici Richard Lévesque est resté Richard Lévesque.



 

Youtube et la démocratie

Actualités, Blogue, Vidéo, Web 2.0 3 novembre 2008 | Comments

Lu chez Steve Proulx:

C’est que YouTube exploite à merveille le plaisir de l’un de voir l’autre se casser le cou. Or, comme l’écrivait récemment le chroniqueur Web du Globe and Mail Ivor Tossell, « ce qui fait un bon clip viral n’est pas nécessairement ce qui fait une démocratie en santé. »

À méditer…

Source: Pelures de banane 2.0

Les vidéos du Parti Libéral largement plus consultées

Actualités, Vidéo, Web 2.0, Élections fédérales 5 octobre 2008 | Comments

Si le nombre de visionnement des vidéos était représentatif des intentions de votes, on pourrait s’attendre à l’élection d’un gouvernement libéral. Majoritaire même. Malheureusement pour le Parti Libéral, ce n’est pas comme cela que ça fonctionne.

L’impact des vidéos libérales est largement plus fort que ce que réussissent à faire les autres partis. C’est principalement la semaine dernière que s’est creusé un écart quasi insurmontable. En effet, durant la dernière semaine le nombre de visionnements des vidéos libérales sur Youtube est monté en flèche, comme le montre le tableau suivant.

Videos liberaux sur Youtube
Tableau : canal libéral sur Youtube


 
Deux raisons à cette croissance exceptionnelle
 
1. La vidéo accusant les conservateurs d’avoir plagié les conservateurs australiens dans un de leur discours, a été largement repris dans plusieurs médias. Ce vidéo est de loin le plus populaire de tous les vidéos de tous les partis (5 octobre: 41 000 visionnements).

2. Le Parti Libéral a aussi lancé i.Liberal.ca la semaine dernière. Un site qui regroupe l’ensemble des productions vidéos libérales, un accès rapide à quelques réseaux sociaux (MySpace, Facebook) et sites de partage (filkr et Youtube), ainsi que quelques widgets pour les blogueur sympatisants qui voudraient intégrer du contenu du parti. Cette initiative semble dirigée principalement vers une clientèle jeune.

Sans présumer aucunement que le parti est en voie d’attendre son objectif, il est évident qu’il a contribué fortement à augmenter la consultation des vidéos libérales.

 
Et comparativement aux autres

Si une image vaut mille mots, que dire qu’un graphique. Celui-ci illustre la distribution de la consultation des vidéos diffusées via Youtube depuis le début de la campagne. On voit très nettement l’écart creusé par les libéraux.

Videos liberaux sur Youtube

Voici un autre tableau montrant le nombre de visionnements et de vidéos diffusées sur Youtube depuis le début de la campagne.

Partis politiques Visionnements Vidéos
Libéral 139 620 91
NPD 99 459 71
Conservateur 58 271 18
Vert 22 094 23
Bloc 8 005 70

 
Je rappelle que ces chiffres ne tiennent pas compte des vidéos diffusées autrement que par Youtube. Le Bloc québécois, le Parti Libéral et le Parti conservateur diffusent de leur site une grande partie des vidéos produites, sans le recours de Youtube. Pour une image exacte de la consultation des vidéos, il faudra ajouter ces visionnements.

(2) Campagne 2008: Agissez… qu’ils disent

Actualités, Canada, Web 2.0, Élections fédérales 3 octobre 2008 | Comments

Poursuivons les notes de campagnes débutées la semaine dernière ( Contactez-nous… qu’ils disent). Peut-être vais-je vous surprendre un peu plus cette fois-ci. Personne n’était tombé en bas de sa chaise en apprenant que 24 heures après l’envoi d’un courriel, seulement 2 partis avaient répondu à une demande pourtant très simple. Cette fois-ci, si je vous demandais quel parti utilise le plus et le mieux le Web pour mobiliser ses sympathisants, vous penseriez à qui en premier ?

La mobilisation est la pierre angulaire de tout travail électoral. Aucun parti sans militants, Aucune victoire sans un travail acharné de bénévoles. Il serait donc normal de retrouver sur le site des partis une section dédiée aux sympathisants. À titre d’exemple, on peut explorer les sections développées par les candidats présidentiels américains pour voir jusqu’où on peut pousser l’appel à la mobilisation, et comme elle est soutenu par ces organisations (Barack Obama and Joe Biden, McCain-Palin 2008).

Internet peut s’avérer un moyen à la rapide, économique, et simple de chercher l’appui de membre, de consolider son membership, de recruter des bénévoles, de gérer les contacts, mais aussi d’orienter la mobilisation, de galvaniser les troupes, de diffuser son message par l’intermédiaire de ces premiers supporteurs.

Il serait donc normal de retrouver sur chaque site une section pour guider les sympathisants qui voudraient donner un coup de main… ou les incitant à le faire. Tous les partis fédéraux ont quelque chose qui s’apparente à une telle section. Enfin presque tous… On y reviendra.

Alors? Vous avez deviné quel parti a la section la plus efficace? Le parti Conservateur. Avec toutefois, une mention très honorable au NPD. Mais avouons que l’effort est bien en-dessous de ce qu’il devrait être. J’y reviendrai dans la deuxième partie de ce billet (à venir).

Pour l’instant, regardons ce qu’offre les différents partis.

 
Parti conservateur

On retrouve sur le site du Parti Conservateur une grande zone appelée maCampagne (myCampaign). Cette section s’inspire directement de la Campaign Action Center qu’on retrouve sur le site de John McCain.

MyCampaignOn retrouve les classiques sections pour contribuer au financement du parti, écrire à des amis et connaissances, pour devenir travailleur d’élections, etc.

Là où le parti innove et se distingue des autres fédéraux, c’est en offrant une véritable section vouée à guider, inciter les partisans du parti à prendre action. Exemple: un outil pour aider les sympathisants à intervenir dans les lignes ouvertes. Vous êtes de Montréal et la question de l’allégement fiscal vous tient à cœur, le site vous fournira, en fonction de votre code postal, l’horaire des émissions de votre région où vous pourrez vous faire entendre ainsi qu’une liste d’arguments qui vous aidera à défendra la position des conservateurs… euh! non votre position. Vous préférez écrire aux journaux ? Qu’à cela ne tienne Même chose pour écrire aux journaux.

Parlez-en aux rédactions des médias et aux lignes ouvertes, si elles reçoivent des courriers et appels défendant les positions conservatrices.

Le Parti conservateur est le seul (et probablement le premier au Canada) à véritablement utiliser le Web pour outiller les sympathisants afin de les mettre dans l’action. De visiteurs passifs, ils peuvent devenir des militants actifs.

Même la section des lettres d’appuis est faite de la même manière, en proposant des grands thèmes que vous êtes invité à sélectionner. Une lettre assez bien écrite vous sera soumise pour être envoyée à vos amis et connaissances.

Tout le principe derrière cette section est d’utiliser les sympathisants au combat quotidien. Pour argumenter le voisin, le marchand du coin, la belle-soeur; pour disséminer les arguments conservateurs à la radio, et un peu partout sur la place public. En fait, contribuer à soutenir très concrètement un effet grassroot, créer l’impression que l’argumentaire conservatrice jaillit spontanément de la population. Le parti conservateur outille ses partisans, et utilisent le web pour ce faire.

Il y a bien sur un gros hic dans cette belle mécanique. Ayant ouvert un profil maCampagne, je n’ai jamais reçu aucun rappel m’invitant à prendre acte, à retourner vers le site, à devenir aussi actif que le site me permettrait de le faire. Il faut donc une bonne dose de motivation pour vraiment utiliser cette section. C’est d’ailleurs surprenant de constater qu’un parti ait investi dans une telle section sans jamais rien mettre en place pour s’assurer que tous les intéresser y viendront et reviendront.

Je reviendrai de toute façon prochainement sur la question de l’utilisation du courriel (alertes, rappel, bulletins) par nos grands partis. Utilisation qui reste un grand mystère pour moi… tout comme ça semble être un grand mystère pour eux.

 
Bloc Québécois

Manifestement au Bloc on préfère parler entre bloquiste que d’envoyer les sympathisants vers les autres. Convaincre les mous, les désillusionnés, les indécis, ou mieux se colletailler avec l’adversaire? Pas cette fois, du moins pas avec le Net. Au Bloc, on blogue. Ce qui est une excellent initiative, mais qui reste somme toute une action fort passive, et tournée vers soi, durant une campagne si courte, alors que la tâche première serait peut-être convaincre les autres.

On retrouve sur le site du Bloc, bien sûr ce qu’il faut pour faire un don au parti ou devenir membre. Mais pas de section pour encourager les sympathisants à l’action. Qu’un formulaire pour inviter les visiteurs à inviter un ami. Un simple formulaire très très vide où tout est à faire. Pas très incitant.

Le Bloc a donc complètement évacué de sa stratégie Web tout volonté de transformer le visiteur-sympathisant en webacteur durant la campagne. J’aimerais bien qu’on m’explique.

 
Parti Libéral

Une section tout ce qu’il y a de plus classique, de base, est disponible sur le site du parti libéral. Soyez bénévole (qui conduit vers un formulaire… pour devenir membre), Contribuez (qui conduit vers un formulaire… pour faire un don), Devenez membre (qui conduit vers un formulaire… pour devenir membre), Installez une pancarte (qui conduit vers un formulaire… pour recevoir une pancarte), Diffusez le message libéral (qui conduit vers un formulaire … pour inviter des amis – avec un message qu’on ne veut vraiment pas envoyer à ses amis), et s’abonnez au bulletin ( qui conduit vers un formulaire… pour je vous laisse deviner pourquoi). Le Parti Libéral n’en veut pas plus, il n’en fait pas plus.

Assurément, au Parti libéral on aime les formulaires. On est très loin ici aussi de l’action dirigée. Et il faut une bonne dose de conviction de la part d’un visiteur pour se trouver intéressé à participer.

 
NPD

Le NPD avait jusqu’à tout récemment pour seul contenu dans la section Agissez, l’abonnement au bulletin, l’adhésion au parti et la possibilité de faire un don. Rien pour révolutionner le Web.

MyCampaignPourtant, il s’est montré plus innovant que les autres partis en ouvrant l’Espace Orange en cours de campagne. Cet espace est voué à la diffusion du message néo-démocrate sur les réseaux sociaux et les blogues. Les sympathisants sont invités à contribuer avec leurs propres vidéos et photos. Cette initiative est indéniablement tournée vers une clientèle jeune, vers un électorat qui utilise les réseaux sociaux . Je ne crois pas que cette section ait pour objectif la mobilisation, elle entièrement orienter pour attirer une nouvelle clientèle avec de « nouveaux outils de participation ».

Le NPD a même poussé l’originalité de cette section jusqu’à développer une application sur Facebook.

Je ne crois que ni l’espace Orange ni leur application Facebook ne remportent de concours de popularité mais il est indéniable que le NPD gagnerait le concours de l’effort et de la créativité pour cette section.

 
Parti Vert

Au Parti Vert aussi on aime les formulaires. On peut participer en laissant son nom pour devenir bénévole, on peut aussi devenir membre et faire une contribution. On peut même aussi demander une pancarte. Mais ce qui est de l’action, on repassera; on jurerait que l’organisation de cette section a été pensé par un conseiller libéral. Du moins, pour ce qui est de ce qu’on peut voir. Leur site étant construit sur CivicCRM, un puissant outil pour les grands groupes militants, il est tout de même possible de croire que d’autres outils sont fournis aux membres pour s’organiser… mais rien ne transparait sur le site.

(suite… à venir)